Le train s’immobilise dans un sifflement long et aigu, laissant derrière lui un nuage de vapeur et de poussière. Les passagers descendent un à un, leurs visages fatigués par le long voyage. Parmi eux, une grand-mère, la démarche lente, s’avança avec précaution. Juste devant elle, un petit garçon maigrelet, au teint noir, se déplaçait maladroitement, ses pas hésitants trahissant une faiblesse palpable.
La mère, debout sur le quai depuis des heures, le cœur battant d’impatience, scrutait chaque silhouette avec anxiété. Puis, son regard se posa sur son fils, et elle sentit un frisson glacé parcourir son échine. Elle se précipita vers lui, le saisit tout d’un coup avec ses bras tremblants. Elle explosa en sanglots, les larmes ruisselant sur son visage :
Mon fils était malade et vous me l’avez caché, et pourquoi il a noirci ?
Ses mots résonnaient avec une douleur poignante, une question désespérée qui reflétait toute l’inquiétude accumulée durant ces longs mois de silence. Le petit garçon, autrefois éclatant de santé, se trouvait là, affaibli, transformé par une épreuve dont elle avait été tenue à l’écart.
La grand-mère, les yeux lourds de tristesse mais pleins de sagesse, posa doucement sa main sur l’épaule de la jeune mère. Son regard était empreint d’une force tranquille, d’une résilience forgée par des années de vie.
_ »Il vaut mieux rendre grâce à Dieu. Le malheur est derrière nous. C’est le meilleur que tu vois comme ça. »_
Ces mots, prononcés avec une gravité solennelle, portaient en eux tout le poids du secret et du sacrifice. Il y avait tant de non-dits, tant de douleurs tues pour protéger cette mère de la souffrance que son fils avait endurée. La grand-mère savait que ces mots ne suffiraient pas à apaiser l’angoisse, mais c’était tout ce qu’elle pouvait offrir en cet instant.
Adissa ADENIYI