Au Bénin, Louis Philippe Houndégnon était devant la Criet dans la soirée du lundi 24 février 2025. A cette troisième audience du procès de l’ex-directeur général de la police nationale, les débats ont tourné autour de ses échanges quelques heures avant son arrestation avec un ex-ministre de Boni Yayi, aujourd’hui proche de Patrice Talon. Le dossier est renvoyé au lundi 17 mars 2025 pour les réquisitions et plaidoiries.
A l’audience, l’ex-DGPN, Louis Philippe Houndégnon et son coprévenu, Coffi Camille Amoussou ont été convoqués à la barre. C’est l’ex-patron de la police nationale qui est interrogé en premier, rapporte Libre Express. « Vous avez eu quelques échanges avec l’ex-ministre S.M. Dites-nous en quoi consiste ces échanges ? », demande le juge.
Avant que Louis Philippe Houndégnon ne réponde à la question, le magistrat procède à la lecture d’une partie des échanges que Houndegnon a eu avec l’ex-ministre S.M. , aujourd’hui diplomate et proche de Patrice Talon. La discussion entre Louis Philippe Houndégnon et l’ambassadeur a eu lieu trois heures avant son arrestation. Dans les échanges, l’ex-ministre dissuaderait l’ex-DGPN de prendre publiquement position contre le régime du président Patrice Talon. Le diplomate a également évoqué une vieille affaire. « Il dit que vous avez tenté trois fois de l’assassiner », rappelle le magistrat. Et à Louis Philippe Houndégnon de répondre au juge: « Quand il dit que des gens ont voulu l’assassiner, c’est effectivement ça ». L’ex-DGPN a ensuite précisé qu’informé de cette affaire de son projet d’assassinat, il a mis en place un système de protection et de sécurité autour de l’ex-ministre S.M. jusqu’à l’affaire tentative d’empoisonnement de l’ex-président béninois Thomas Boni YAYI. « Tout ce qu’on recherche chez Houndégnon, ça n’existe pas. Houndégnon n’est pas dans le faux. Je ne participe à rien. Tout ce qu’on reproche à Houndégnon est d’être honnête », ajoute-t-il.
Houndégnon interrogé sur un mouvement politique
Lors de la perquisition de son domicile, les enquêteurs de la police républicaine ont découvert que l’ex-patron militait déjà pour la création d’un mouvement politique dénommé : « Mouvement 11/12 ». Des noms de personnalités dirigeantes des directions de l’État béninois ont été retrouvés parmi les listes de mouvement, rapporte Libre Express. « Nous sommes en train de constituer le mouvement 11/12 pour une alternative crédible au pouvoir en place », a répondu Houndégnon.
S’agissant des noms retrouvés, Houndégnon fait savoir qu’il s’agit d’un profilage de personnes capables de diriger des directions quand le mouvement parviendra au pouvoir et que ceux dont les noms ont été retrouvés sur la liste n’étaient même pas au courant de ce mouvement politique. « Cela n’a rien à avoir avec un coup de force », a-t-il expliqué. « C’est de la naïveté de penser qu’un policier peut faire un coup d’État », ajoute-t-il
Coffi Camille Amoussou. à la barre
Après la déposition de l’ex-DGPN, place à son coprévenu Coffi Camille Amoussou à la barre . Il présente Houndégnon comme son oncle et son idole. Le jour de leur interpellation, il informe qu’il était à son domicile quand le général Houndégnon l’a appelé pour venir l’aider à enregistrer un appel téléphonique.
Leco- prévenu de Houndégnon confie qu’il était même souffrant. Coffi Camille Amoussou déclare ensuite que ce n’était pas lui qui aidait Houndégnon à monter les vidéos et directs sur les réseaux sociaux. Toutefois, il reconnaît avoir relayé par moment des vidéos de son oncle Houndégnon en uniforme. L’affaire est renvoyée au lundi 17 mars 2025 pour les réquisitions et plaidoiries, rapporte l’envoyé spécial de Libre Express.